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Nouvelles technologies, nouveaux maux


A l’aube de la quatrième révolution industrielle induite et définie par l’apparition de la robotique et de l’intelligence artificielle, plusieurs travaux sont déjà en cours pour accompagner de nombreux secteurs et notamment celui de l’industrie dans leur appropriation et intégration. Le monde du travail en général, n’est pas en manque sur le sujet puisque le « tout-numérique » et la digitalisation ont déjà trouvé leur place dans plusieurs domaines. Les entreprises de transport par exemple, n’hésitent pas à informatiser les cockpits des poids lourds, pour optimiser la gestion des flux de transport routier. (1) Selon Françoise Mercadal-Delassales, directrice des ressources et de l’innovation de la Société Générale, le digital, est avant tout “une transition anthropologique de nos sociétés, il y a une envie forte de travailler différemment, de façon moins hiérarchisée”.

Par Hanna I. 
Temps de lecture : 5 min.

L’intégration des nouveaux outils dans une activité humaine

Travailler différemment, c’est le crédo de nombreuses entreprises aujourd’hui. Dans cet article, nous prendrons notamment l’exemple des nouvelles technologies de production et des nouveaux canaux de communication qui entrent en jeu. Avez-vous déjà pensé aux conséquences de ces nouveaux outils sur la personne en fin de carrière, qui doit réapprendre à travailler, de l’internaute novice perdu dans la quantité d’information, de l’élève qui doit construire son premier exposé ?  L’intégration des nouveaux outils (physiques, cognitifs, organisationnels) dans une activité humaine nécessite un accompagnement, un apprentissage et une période d’acceptation de la part de celui qui les utilisent. Pour comprendre ces inconvénients et ces avantages nous allons ici nous appuyer sur une modélisation d’activité telle qu’on peut le trouver en Ergonomie. Ce modèle pourra évidemment être utilisé pour tenter de prévoir les effets négatifs et/ou positifs d’un post, d’une organisation, d’un logiciel… sur l’activité des opérateurs mais également à long terme sur les déterminants (état de santé, représentations, croyances, compétences…) de l’individu. 

Commençons par construire un référentiel commun pour cet article. L’Homme est défini par 4 dimensions qui sont en permanence utilisées lorsqu’il vit. Sa dimension physique lui permet de se mouvoir, d’agir de répondre à signal extérieur qui aura été traité et analysé par sa dimension cognitive. L’Homme, bien que certains soient plus solitaires, possède un instinct grégaire, une dimension sociale plus développée que l’on ne le pense. Sa dernière dimension est le psychisme : « lieu » de pleine conscience ou au contraire de totale inconscience… où s’opère la pensée, où le comportement est réglé. 

Chaque activité humaine est un couplage entre la tâche qui est demandé de réaliser, et les déterminants du sujet. Pour les mathématiciens : A=f(S/T). La tâche à réaliser pouvant être identique pour deux personnes, leurs caractéristiques personnelles vont différer : l’activité est donc unique. Elle est également située dans le temps et l’espace, en interaction avec un environnement et pour les curieux, elle est basée en Ergonomie sur huit postulats selon François Daniellou. 

Voici donc la première moitié de la modélisation posée :

Cette notion d’activité génère de manière directe, des effets sur les caractéristiques de l’individu mais également sur la structure qui sous-tend l’opérateur (son entreprise, son entourage, son contexte social…). Les effets négatifs de l’activité sont gommés, atténués, réduits par des stratégies de régulation de la part de l’opérateur. Mais connaissons-nous réellement le ressenti psychologique et physique de l’opérateur ? 

Une activité est le couplage d’un sujet et d’un objet, elle peut être l’utilisation de smartphones comme outil professionnel.
Les effets causés par cette activité peuvent être nombreux et variés :

  • Les effets sur l’individu : En 2019, “75 % des Français équipés de téléphones, d’ordinateurs ou autre d’appareils mobiles professionnels avouent travailler pendant leur temps libre.” (2) Le droit à la déconnexion n’est souvent pas respecté à la lettre, et peut avoir des conséquences sur la santé de l’individu. La frontière entre la vie privée et la vie professionnelle devient très mince, et peut entraîner un surmenage, voire une dépression.
  • Les effets sur la structure : L’entreprise doit être en mesure de financer les smartphones et d’assurer une maintenance. Elle doit également être en mesure de former le personnel quant à l’utilisation de ces outils, et de veiller au respect de l’utilisation. 

Toute la plus-value de cette modélisation est la capacité à repérer les effets à court terme (dans notre cas, l’entreprise doit se poser la question des avantages et des inconvénients quant à l’utilisation de smartphones professionnels). Tout l’enjeu réside dans la possibilité d’empêcher le passage des effets à moyen/long terme et que les déterminants intrinsèques du sujet ne soit modifiés.

Sources :
(1)
https://www.industrie-techno.com/article/les-routiers-sont-high-tech.18673
(2)
https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/deconnexion-plus-qu-un-droit-un-devoir-6404114

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