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Comment le digital a révolutionné le supportérisme ces dernières années ?


Le digital, depuis ces dernières années, a totalement redéfini l’expérience des fans de sport dans le monde, et l’approche que l’on se fait de la relation entre clubs, sportifs et ligues, et supporters. Afin de démontrer comment les nouvelles technologies ont transformé le supportérisme, voici 4 exemples qui ont redéfini cette vision.

Par Laura L.
Temps de lecture : 7 min.

1. Une relation privilégiée avec les supporters à travers les réseaux sociaux

26,8 millions. C’est le nombre de followers que compte le club de foot du Paris Saint-Germain. Et pourtant, la capitale compte plus de dix fois moins d’habitants ! Certes, tous les fans du PSG ne vivent pas intra-muros, mais pas forcément dans l’hexagone pour autant ! En effet, alors que le football est majoritairement suivi en Europe et en Amérique du Sud, le club détient de nombreux comptes Twitter et Instagram étrangers. Ces comptes sont avant tout pour leurs fans du monde entier, dont plusieurs pays en Asie, au Moyen Orient et en Amérique du Nord. 
Pour expliquer ce phénomène, il faut comprendre l’intérêt des réseaux sociaux pour le milieu sportif. Outre le fait d’être un outil permettant de véhiculer des informations autour des championnats, des résultats de matchs et des classements, les réseaux sociaux sont devenus un moyen pour les supporters de s’immiscer dans le quotidien de leurs athlètes préférés. Les clubs, fédérations et sportifs eux-mêmes, sont aujourd’hui d’énormes modèles d’influence pour leurs fans, en partageant leur quotidien, à travers des posts, des lives, ou encore des documentaires courts. Les clubs ne manquent pas non plus l’occasion de mettre en avant leurs “supers stars” pour accroître davantage leur communauté. Avec des dizaines (voire des centaines) de millions de followers, les grands noms du sport sont un atout marketing de poids pour leurs clubs et fédérations. Les sportifs font aujourd’hui partie des plus grands influenceurs au monde : à l’image de Cristiano Ronaldo, Lionel Messi et Neymar Jr pour le football mais aussi Serena Williams au tennis, Lebron James au basketball ou encore Lewis Hamilton pour la Formule 1.

Si nous connaissons davantage l’univers du football en France, d’autres sports se démocratisent davantage dans le monde par le biais du digital et des réseaux sociaux, notamment grâce à l’immersion directe dans le quotidien des sportifs et équipes, à travers des documentaires variés via différentes plateformes de VOD. 
Prenons l’exemple de la Formule 1. Ce sport, suivi dans le monde entier et particulièrement au Brésil, en Allemagne, en Grande Bretagne et en Italie, a fait le pari en 2018, de montrer l’envers de ses coulisses à travers une série-documentaire Netflix, intitulée “Formula 1 : Drive to survive”. A travers ces dix épisodes, nous découvrons ainsi l’univers de la course automobile, mélangeant sensations fortes, rivalités et travail d’équipe acharné. Si nous ne pouvons affirmer une quelconque hausse des audiences de la Formule 1 en France, à cause de la crise sanitaire actuelle, qui a clouée les voitures au sol pour une durée indéterminée et ainsi suspendu le championnat, nous pouvons affirmer que la série a eu un succès inattendu partout dans le monde, et engendré l’intérêt d’un tout nouveau public. C’est en tous cas ce qu’affirmait Ben Pincus, responsable du sponsoring de la F1 chez Heineken en mars 2019, qui parlait d’un “succès formidable, qui amène à repenser des choses que l’on pensait acquises, concernant les moyens d’attirer et d’impliquer davantage de personnes.” 
Aujourd’hui, chaque plateforme de VOD et médias sportifs proposent du contenu similaire, pour faire découvrir l’histoire, le quotidien et la passion qui animent ces sportifs, toute discipline confondue et ainsi, attirer davantage de public, toujours plus passionné par l’exclusivité du contenu proposé.

2. Les paris sportifs en ligne garantissent des émotions fortes 

Les paris sportifs ne sont pas une nouveauté en soi. Mais pour les fans de sport et parieurs invétérés, le digital a totalement réinventé leur façon de miser de l’argent.
En 2010, le marché des paris sportifs a été ouvert à la concurrence en France et pas moins d’une décennie après, ce sont 15 opérateurs de paris en ligne agréés par l’ARJEL (Autorité de régulation des jeux en ligne) qui occupent un marché pesant plus de 2 milliards d’euros.
Les principaux acteurs du marché sont Unibet (21% des parts), Winamax (20%) et Betclic (19%). Parmi les sports comptabilisant le plus de paris, on retrouve le football, leader incontesté avec 57% du total des mises, suivi du basketball et du tennis. 
Le parieur lambda est généralement un homme (90%), jeune (64% ont moins de 35 ans) et dans la plupart du temps, passionné de sport. Pour les supporters, parier en ligne est une toute autre façon de vivre leur passion et décuple leurs émotions pendant un match, et ça, les opérateurs l’ont bien compris ! 
C’est pourquoi, ces derniers misent sur tous les outils possibles pour attirer davantage d’utilisateurs. Entre partenariats avec les clubs et sportifs, présence forte sur les réseaux sociaux et innombrables jeux concours pour faire gagner des freebets (paris gratuits de plusieurs dizaines d’euros offerts), les opérateurs sont aujourd’hui omniprésents au sein des compétition et cela fonctionne ! Avec plus de 840 000 comptes de joueurs actifs en 2014, ils comptabilisaient près de 4 fois plus en 2018 (3,2 millions) et ne cessent d’accroître d’années en années et ce, notamment grâce aux grandes compétitions mondiales, suivies par des millions de téléspectateurs en France (Coupe du Monde de Football, Jeux Olympiques…)

Sur son compte Twitter, Winamax Sport faisait gagner des FreeBets à ses utilisateurs à l’occasion de leur 400 000 abonnés sur le réseau social en février 2020.

Finis les paris au bureau de tabac du coin, jouer en ligne rend l’expérience de l’utilisateur plus rapide, plus facile d’utilisation et garantit davantage d’émotions à chaque victoire (et à chaque défaite…).
Et l’émotion, c’est la clé principale lorsque nous souhaitons capter un supporter. C’est pourquoi, de nouveaux moyens technologiques sont déployés pour la garantir.

3. Le stade réinventé, pour une expérience unique

Malgré une augmentation de la diffusion de compétitions sportives en ligne, les acteurs du sport n’oublient pas pour autant les racines du supportérisme : les stades. Ces derniers permettent aux fans d’assister aux matchs, dans une ambiance incomparable. Et pour garantir une expérience spectateur unique, les organisateurs de compétitions et les clubs misent aujourd’hui sur les « smart stadiums » ou « stades 2.0 ».
Ces stades optimisés, permettent aux spectateurs de bénéficier d’une palette de services depuis leurs sièges, lors de leur venue au stade. Les services que l’on retrouve le plus souvent dans ces stades sont : l’accès gratuit au wifi, mais aussi la réservation grâce à la billetterie en ligne, le merchandising en boutique, la commande de boissons et snacks, l’accès aux actualités du clubs, et les informations pratiques, via une application mobile.
Pour les privilégiés, les stades 2.0 ont également développé des « loges connectées », permettant de revoir les actions d’un match sur tablette et sous différents angles, ou de suivre son joueur préféré via une caméra embarquée. Cette innovation profite autant aux supporters qu’aux propriétaires de ces lieux. 
En effet, les clubs professionnels misent sur ces dispositifs, afin de fidéliser davantage leurs supporters abonnés sur le long terme. Cela leur permet également de capter plus facilement de nouveaux spectateurs non abonnés, et ainsi accroître leurs revenus, tout en rendant plus facile le processus d’achat de billets dits « à la carte ». Ce dispositif permet également de remplir au maximum leur capacité d’accueil.
L’Euro de football de 2016 a fortement participé à ce nouveau mouvement en France, pays organisateur du championnat. Cela a ainsi massivement incité les clubs de l’hexagone à développer ces nouveaux dispositifs. Parmi eux, les Olympiques Lyonnais et Marseillais, les Girondins de Bordeaux ou encore l’OGC Nice ont rapidement franchi le pas du stade connecté ces cinq dernières années

Détail des fonctionnalités de l’application du Parc OL, stade du club de l’Olympique Lyonnais.

4. E-sport, ou comment reconcevoir le supportérisme à travers le digital

Bien moins traditionnel, l’e-sport (ou sport électronique) est sans conteste LE nouvel acteur du sport dans le monde. L’association France Esports définit ce concept comme « l’ensemble des pratiques permettant à des joueurs de confronter leur niveau par l’intermédiaire d’un support électronique, et essentiellement le jeu vidéo, ce quel que soit le type de jeu ou la plateforme utilisée ». Quasiment inconnu il y a dix ans, l’e-sport s’est grandement démocratisé ces dernières années pour devenir un marché plus que lucratif et suivi par des centaines de millions de personnes dans le monde entier. Mais comment expliquer un tel élan de popularité en si peu de temps ?
Tout d’abord, il est important de prendre conscience que les jeux vidéo ont toujours naturellement porté la compétition dans leur ADN, seul le public manquait. Mais depuis l’apparition de services de streaming et de VOD de jeu vidéo telles que Twitch, Mixer, Youtube Gaming ou Facebook Gaming, les joueurs ont rapidement su fédérer des communautés à travers des lives sur ces plateformes. Il démontrent ainsi leurs talents, à travers la stratégie et la vivacité.
Aujourd’hui, l’e-sport est un marché en plein essor. En 2019, il pesait plus d’un milliard de dollars et prévoit de doubler d’ici 2023 et d’atteindre près de 10 milliards de dollars d’ici 2030. Cette évolution est due en partie grâce au fait que les fans d’e-sport sont principalement des jeunes de moins de 25 ans, plus attirés vers les nouveaux médias que par les dispositifs traditionnels tels que la télévision. De plus, l’e-sport est totalement rattaché au marché des jeux vidéo, qui pesait à lui seul 120 milliards de dollars en 2019 et est en constante évolution chaque année. Cette corrélation est ainsi évidente : les fans d’e-sport sont principalement des joueurs avant tout. Avec de plus en plus de jeux, toujours plus différenciateurs, de par leur concept et les plateformes utilisées pour y accéder, le marché ne cesse de s’étendre, et les supporters d’e-sport avec.
Ainsi, en 2019, ce n’étaient pas moins de 13 milliards d’heures de visionnage qui ont été recensées sur les 4 principales plateformes de streaming. Parmi les plus visionnés, on retrouve le jeu League of Legends. Lors de la finale des championnats du monde de ce jeu d’arène en 2018 à l’Accor Hotel Arena de Paris, plus de 99 millions de spectateurs uniques ont regardé la retransmission en direct depuis les plateformes de streaming.

L’équipe nationale chinoise de League of Legends gagne le titre de champions du monde en 2019 à l’Accor Hotel Arena de Paris.

Malgré tout, l’e-sport n’est pas encore considéré comme une discipline sportive en soi partout dans le monde. D’après la cour européenne de justice, cette discipline n’est pas assez physique pour être considérée comme telle, bien que l’on retrouve la même logique au niveau de l’organisation des tournois et compétitions. Cependant, cette affirmation diverge selon les régions, comme en Asie du sud-est, où l’e-sport est déjà considéré comme un sport à part entière. Pour preuve, il faisait partie des disciplines olympiques des SEA (équivalent des Jeux Olympiques en Asie du Sud Est, qui ont lieu tous les 2 ans) et deux tournois d’e-sport seront au programme des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 (reportés à 2021).
Nul doute que l’avenir de cette discipline est prometteur et qu’une toute nouvelle génération de fans qu’elle entraîne changera totalement le concept de supportérisme pour les prochaines années.
Voici donc 4 facteurs qui auront changé ou totalement redéfini la notion de supporter à travers le digital lors de cette dernière décennie. Mais il en existe encore bien d’autres ! Dites-nous en commentaires quels outils du numérique ont pour vous, révolutionné la passion du sport dans le monde !