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La stratégie d’influence dans le « monde scientifique »


Vous le savez certainement, l’influence marketing est l’un des moyens les plus tendance du moment pour promouvoir un site web, une entreprise, un produit ou un service. La méthode est simple : collaborer avec des influenceurs, individus dont le statut ou l’exposition médiatique peut influencer les comportements de consommation dans un univers donné.
Nombreux sont les bénéfices : l’image de marque s’étend, une certaine transparence s’impose vis à vis des consommateurs, à la recherche d’une plus grande confiance. Mais ce concept d’influence marketing est-il seulement applicable pour une activité e-commerce ? Qu’en est-il du côté de la science ?

Par Hanna I.
Temps de lecture : 4 min.

La déclaration de l’OMS sur le rôle des plateformes de médias sociaux dans l’information sur la santé

Depuis quelques années, de nombreuses fausses informations sur la vaccination circulent, et de manière très rapide sur les réseaux sociaux. Peu importe la plateforme, il n’est pas rare de trouver de nombreux posts anti-vaccination, au même titre que l’on trouve une recette culinaire. Pour beaucoup, les réseaux sociaux sont les principales sources d’information, bien que le contenu ne soit pas toujours pertinent. Aux États-Unis par exemple, 1 234 cas de rougeole ont été confirmés, du jamais vu depuis 1992. Pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il est clair qu’un mouvement anti-vaccination inquiète, et incite les acteurs du secteur privé à prendre de nouvelles mesures pour contrebalancer ces fausses informations à répétition. Depuis 2019, lorsque vous cherchez le mot « rougeole » ou tout mot clé relatif à la « vaccination » sur Pinterest, Facebook et Instagram, les contenus divulgués sont vérifiés et proviennent de sources scientifiques comme l’OMS, l’Association Américaine de Pédiatrie et bien d’autres encore.

Pour plus d’informations :
https://www.who.int/news-room/detail/28-08-2019-who-director-general-statement-on-the
-role-of-social-media-platforms-in-health-information

Instagram & Body positivity

« 14h et 53 minutes (1), c’est, selon l’étude Born Social 2019 menée auprès d’enfants français âgés de 10 à 13 ans le temps moyen passé sur Internet chaque semaine, soit plus de 2 heures par jour. Leurs réseaux sociaux préférés sont Snapchat (88%), Instagram (66,6%) et TikTok (44%). » Ces enfants, très présents sur les réseaux donc, sont exposés à tout type de contenus, et imitent certaines célébrités. Quel que soit le réseau social utilisé, il n’est pas rare de tomber sur des produits miracles, comme des crèmes amincissantes ou des patchs pour abdominaux. Ne sachant plus qui croire, les internautes quel que soit leur âge, cèdent à la tentation en pensant faire le bon choix.

En 2019, l’actrice britannique Jameela Jamil lance une pétition par l’intermédiaire de change.org, intitulée “Stop celebrities promoting toxic diet products on social media”, pour inciter les réseaux à prendre des mesures. Avec une communauté de plus de 2 millions de followers, l’actrice et ancienne anorexique utilise son influence pour dire stop aux standards
de beauté et laisser place à l’acceptation de soi.

De son côté, Instagram annonçait un blocage de certains contenus faisant la promotion de produits diététiques ou des contenus sur la chirurgie esthétique pour les internautes de moins de 18 ans. La volonté d’Instagram de faire de cette plateforme un espace sain pour tous les utilisateurs et ainsi réduire la pression que certains internautes peuvent ressortir en utilisant les réseaux sociaux. Un geste audacieux d’Instagram qui a, jusqu’à présent, été applaudi par de nombreuses autres autorités de la santé et des influenceurs.

When it comes to food…

Louise, étudiante, fait partie des 14 millions (2) des utilisateurs Yuka et comme 92% d’entre eux, elle repose un produit lorsqu’il est évalué “rouge” dans l’application. En scrollant son feed Instagram, elle verra une recette d’un gâteau au chocolat sans beurre, car le produit en question est considéré comme trop gras, donc mauvais pour la santé. Elle continuera ses recherches et les contenus proposés sur ses réseaux l’amènent un jour, à se tourner vers une alimentation Végétarienne voire Vegan. Les marques l’ont bien compris ! De nombreux produits voient le jour, comme les produits sans lactose, sans gluten ou encore sans sucres. De nombreux influenceurs s’emparent du sujet, sans pour autant avoir les connaissances et les compétences requises en matière de nutrition et santé. Un diplôme de diététicien(ne), ça se mérite !

Cette croissance très rapide pose ainsi de nombreuses problématiques de santé, amenant certains experts et professionnels de santé à se pencher sur le sujet, en étant de plus en plus présents sur les réseaux. A l’international, de nombreuses diététiciennes exercent une activité d’influence en parallèle des consultations. Selon elles, cette présence sur les réseaux est avant tout un ensemble souvent perçue comme un moyen important pour contrebalancer la désinformation sur la nutrition et la santé, et éviter toutes les dérives alimentaires. Le but étant de communiquer et de donner toutes les informations scientifiques possibles, afin d’éclairer les consommateurs dans leurs choix, leurs croyances, voire établir une relation de confiance avec les patients.

Quelques exemples de diététiciennes très influentes dans le milieu :
@AndreaHardy @Elodiedacher @Nude_nutritionnist et en France, @Tiffanyhealthy

Vous l’aurez compris

Ce n’est pas parce qu’une personne parle avec passion qu’il/elle est forcément apte à promouvoir certains messages et en particulier quand il s’agit du domaine de la santé. Il est important de vérifier les sources. Comme le dit si bien Lindy Cohen, “No one argues with a pilot about how to fly a plane. But everyone thinks they’re an expert on nutrition after
watching a few biased documentaries on Netflix.” Les réseaux sociaux ont de nombreux avantages d’accord, mais attention aux fake news !

(1) https://reseaux-professionnels.fr/wp-content/uploads/2019/12/chiffres-clés-réseaux-sociaux-2019-infographie-1.png
(2)
https://yuka.io/wp-content/uploads/presskit/Yuka-dossier-de-presse.pdf

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