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La nouvelle tendance des « entreprises agiles » en France


« Agilité », « méthode agile »… ces termes vous sont familiers ? Rien d’étonnant. Emmanuel Macron, entrepreneurs, dirigeants d’entreprise, n’ont que ce mot à la bouche : l’agilité. A la manière d’Orange, Leroy Merlin ou encore Michel et Augustin, les entreprises françaises misent désormais sur cette méthodologie tendance pour faire face aux enjeux actuels de la
transformation digitale, et répondre aux nouveaux besoins des clients.

Par Lisa P.
Temps de lecture : 3 min.

L’agilité : la clé pour rester performant dans le contexte exigeant de la transformation digitale

Dans le monde, 97% des entreprises informatiques utiliseraient des méthodes de développement agiles, selon un rapport du cabinet informatique CollabNet VersionOne, réalisé en mai 2019. Appliquée, à la base, au monde informatique, et fondée sur les douze principes du Manifeste Agile (1), la méthodologie agile est désormais utilisée dans de nombreux domaines comme le marketing, les ressources humaines… En effet, dans un marché hyper concurrentiel, où l’innovation permet de ne pas mourir, l’organisation traditionnelle des entreprises est souvent mise à
mal et des adaptations sont nécessaires : l’Agilité semble alors se présenter comme la clé de succès pour faire face à la transformation digitale.

La méthodologie agile est apparue dans les années 1990 aux États-Unis, mais c’est dans les années 2010 qu’elle a connu un véritable essor en France. Les entreprises françaises délaissent alors l’organisation traditionnelle pyramidale au profit d’une organisation agile, plus souple, flexible et adaptative, plaçant le client au centre de son fonctionnement. Les
équipes agiles, travaillant en autonomie, se fixent des objectifs à court terme, afin de pouvoir effectuer des changements et améliorer le produit en y ajoutant de nouvelles fonctionnalités (qui n’étaient pas prévues initialement) tout au long du projet. L’évolution des besoins est ainsi prise en compte et les ajustements sont effectués en temps réel, permettant de livrer un produit personnalisé, qui correspond mieux aux attentes du consommateur.

Vous l’aurez compris, l’agilité permet de répondre aux enjeux de la transformation digitale tels que l’implication du client, la personnalisation de la solution, ou encore, l’amélioration continue du produit. Aujourd’hui, il est donc essentiel pour les entreprises françaises de se mettre « en mode agile », afin de résister à la concurrence, toujours plus forte, et de faire face aux changements, toujours plus nombreux. Bien plus qu’une simple méthode de gestion de projet, l’agilité est un véritable « état d’esprit », qui représente une des clés majeures pour rester performant dans le contexte exigeant de la transformation digitale. A condition de comprendre cet état d’esprit et de savoir le mettre en pratique !

Une tendance… qui ne doit pas devenir un phénomène de mode, utilisé trop largement par les entreprises

La tendance pour l’agile présente certains dangers pour les entreprises françaises, notamment si celles-ci s’initient à l’agile pour imiter les autres, qui se précipitent alors dans le développement d’une méthodologie sans en comprendre réellement son état d’esprit. Le risque est donc que les entreprises appliquent cette « méthodologie à succès », détournant son concept, qui les conduira au contraire vers un total échec. En effet, il faut savoir que l’Agilité ne s’applique pas à tous les projets et à tous les types d’entreprise. Par exemple, cela peut être difficile à mettre en place pour les grandes entreprises qui ont des procédures et une culture organisationnelle difficiles à changer.

Néanmoins, cela reste faisable, quand la structure de l’organisation est réinventée et que les membres de l’entreprise sont formés à ce mode de pensée. C’est le cas d’Orange, qui a lancé depuis plusieurs années le déploiement de l’agilité au sein de son entreprise : des experts de l’agile ont été engagés pour accompagner le changement de l’organisation (« coachs agiles », « scrum master »…), toutes les équipes (aussi bien managers que salariés) ont suivi des formations obligatoires. Des locaux spécialement conçus et adaptés selon les méthodes de travail qu’imposent l’agile ont été créés. Ainsi, une entreprise ne peut devenir agile que lorsqu’elle adapte la méthodologie à son mode de fonctionnement, qu’elle prend le temps nécessaire pour la mettre en place, et qu’elle mise sur la collaboration.

A l’inverse, une mauvaise mise en place de l’agilité en entreprise, ou son utilisation excessive, peuvent avoir des effets négatifs : une augmentation du stress chez les salariés (soumis à des injonctions contradictoires), une perte du contrôle des managers sur des équipes autonomes, des délais non respectés… De même, les entreprises qui développent cette méthodologie pour de mauvaises raisons, comme celles qui pensent que les projets en mode agile vont leur coûter moins cher, vont droit à l’échec : même si la méthodologie agile permet de mieux contrôler les dérives et écarts du projet, elle n’apporte pas forcément un meilleur retour sur investissement. Surtout, un projet agile doit rester, avant tout, motivé par des objectifs opérationnels et non économiques.

Ne vous imaginez donc pas que la transition vers une entreprise agile est quelque chose de simple et qui se fera naturellement, l’Agilité n’est efficace que lorsqu’elle est comprise et acceptée par l’ensemble des membres de l’entreprise. De plus, les entreprises agiles posent la question des droits des salariés, du temps de travail non reconnu, et des salaires. Suivez donc la tendance, mais avec prudence ! Après tout, l’agilité n’est peut-être qu’un simple effet de mode ?

(1) Source : https://agilemanifesto.org/iso/fr/manifesto.html

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