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Fact Avalanche, ou comment lutter contre les climatosceptiques sur Twitter


A l’heure où les débats sur la condition climatologique se multiplient, l’outil Fact Avalanche va vous permettre de contrer des personnes qui partagent des informations mensongères ou commentaires infondés sur les réseaux sociaux. C’est à armes égales – à coups de tweets – que le combat s’opère sur Twitter, entre climatosceptiques et ceux qui tentent de mettre en lumière les véritables faits.

Par Charlotte G.
Temps de lecture : 5 min.

Quid de la désinformation sur Twitter

Le phénomène de désinformation sur les réseaux sociaux n’est plus à prouver. Si vous êtes un consommateur, petit moyen ou grand, vous avez en effet surement déjà dû faire le constat de la vitesse fulgurante à laquelle les informations circulent sur ces plateformes. Seulement voilà, ces informations peuvent avoir des natures différentes : les informations véridiques et utiles à la réflexion de chacun, ou – malheureusement – des informations erronées, dites « intox », qui au contraire propagent des doutes et manipulent l’opinion publique. Sur Twitter, la plateforme de réseautage social qui comptabilise près de 140 millions d’utilisateurs quotidiens, ce phénomène est renforcé et peine à être enterré malgré les dispositions prises.

Le contexte actuel amène la question climatique à être sur tous les fronts, et au cœur de nombreux débats. Sur Twitter, bon nombre de personnes remettent en cause, entre autres, le changement climatique. En 2013, un tweet de Donal Trump, « It’s freezing outside, where the hell is “global warming” » – littéralement « Il fait un froid glacial dehors, où est donc ce « réchauffement climatique » » – avait d’ailleurs particulièrement choqué. De la même façon, les climatosceptiques, personnes remettant en cause l’origine humaine du changement climatique et rejetant toute preuve scientifique, relayent sur Twitter de fausses informations.

En outre, en 2018, une étude de l’Université d’Oxford a révélé que seuls 3% des contenus en lien avec le changement climatique sur Twitter étaient issus de sources d’experts scientifiques. En août 2019, l’Université de Californie a elle démontré que les climatosceptiques gagnent en moyenne 49% de plus en visibilité en ligne que les scientifiques.

La Fact Avalanche : par qui, comment, pourquoi et pour qui ?

Afin de lutter contre ce fléau digital, l’organisation à but non lucratif Protect Our Winters (POW) a créé un outil web qui permet de répondre à ces climatosceptiques : la Fact Avalanche, dont découle le hashtag « #FactBack ». Mais tout d’abord, POW, késako ? Cette organisation se définit comme étant « un mouvement de passionnés, d’athlètes professionnels et de marques, qui utilisent leur influence sociale pour inspirer et mobiliser […] dans la lutte contre le changement climatique » (1). Le compte Twitter officiel compte à ce jour plus de 25 000 abonnés, et son fondateur, Jeremy Jones, regroupe près de 45 500 followers. Fort de cette communauté grandissante et influente, POW a ainsi voulu capitaliser dessus pour faire résonner son combat encore plus loin sur le web.

En s’associant avec l’agence créative Sid Lee, POW a pu lancer son outil en ligne Fact Avalanche, dont le but est d’alerter ses utilisateurs quand un tweet diffusant du contenu mensonger au sujet du changement climatique est détecté sur Twitter. Ensuite, Fact Avalanche propose à ses utilisateurs de répondre aux tweets en question en utilisant des faits prouvés scientifiquement. Les réponses collectives de tous ces utilisateurs permettent de créer une union qui agit comme une « avalanche » de tweets véridiques pour ensevelir les fausses informations et mieux sensibiliser l’opinion publique.

Comment cela fonctionne exactement ? Afin de contrôler au mieux le contenu affluant sur Twitter, l’agence Sid Lee dispose d’une équipe spécifiquement dédiée à la gestion de ce réseau social. Cette équipe suit de près les comptes des climatosceptiques les plus influents, mais aussi des figures politiques susceptibles d’orienter fortement l’opinion publique de par leurs messages. Parmi tous ces comptes suivis, on retrouve notamment celui de Donald Trump, actuel président des Etats-Unis, Sarah Palin, ancienne gouverneur de l’Alaska ou encore Ben Pile, un journaliste anglais se revendiquant comme un « écologiste sceptique », et qui ne manque pas de le faire comprendre dans les articles qu’il publie sur le web. Ainsi muni d’une grande base de personnes suivies, POW a pu lancer son premier signal pour déclencher une « avalanche » sur Twitter en Septembre 2019, en réponse à un tweet de Maxime Bernier, le leader du Parti populaire du Canada. Bernier jugeait dans ce tweet que les climatologues étaient trop catastrophistes dans les informations qu’ils diffusaient et les accusait de cacher des données des années antérieures qui auraient potentiellement pu les contredire. Les twittos ainsi alarmés de ce tweet controversé ont pu répondre en masse à Bernier, avec le hashtag #FactBack, en rappelant que 17 des 18 années les plus chaudes avaient été enregistrées depuis 2001. 

Kristian Manchester, le directeur de la création de Sid Lee, à d’ailleurs annoncé au sujet de cette démarche qu’elle consistait à utiliser le même outil (Twitter) que les climatosceptique utilisent pour transmettre des opinions fallacieuses, mais à des fins beaucoup plus saines, utiles et authentiques (2).

Ainsi, la Fact Avalanche s’inscrit dans une démarche qui œuvre pour rétablir la vérité telle qu’elle est au sujet du changement et réchauffement climatique sur Twitter. Son processus (3) est par ailleurs très simple : pour rejoindre le mouvement, il faut se rendre sur www.factavalanche.com. Ensuite, nous pouvons choisir d’être alerté des tweets mensongers par SMS et/ou par mail, en indiquant les coordonnées demandées. Une fois alerté, il ne reste plus qu’à répondre de façon collective avec les faits scientifiques qui sont transmis à cet effet pour « enterrer », une bonne fois pour toute, les tweets en question. Et pour obtenir une couverture plus large, il est possible de combiner Fact Avalanche à la plateforme Slack d’une entreprise afin d’engager tout le personnel. Fact Avalanche se présente donc également comme une véritable solution pour tout individu qui souhaite agir face à la désinformation vis-à-vis de la condition climatique, et permet de créer une véritable communauté de personnes qui agissent et se mobilisent pour cette cause.

Quel avis de la rédaction pour cet outil ?

Fact Avalanche n’en est qu’à ses prémisses et promet encore une belle évolution. Les réseaux sociaux sont des espaces où toute opinion est partagée, et certaines peuvent réellement être néfastes et affecter le bon sens des gens. Twitter, notamment, n’est pas en reste de ce point de vue et est de plus en plus souvent associé à un cloaque. Il est ainsi important de pouvoir réguler tout ce qu’il s’y dit. Avec Fact Avalanche, l’organisation POW permet de mieux contrer et déjouer toute information erronée ou mensongère en diffusant des faits véridiques, prouvés scientifiquement, et qui doivent eux aussi être pris en compte dans les débats. Il s’agit d’une véritable opportunité pour être plus ouvert d’esprit et mieux appréhender les dires sur la condition écologique.

Le projet gagnerait en outre à être plus connu mondialement, et même à s’élargir sur d’autres plateformes comme Facebook ou Linkedin, des réseaux sociaux qui eux aussi appellent au partage d’opinion et peuvent être sources de désinformation. La démarche étant saine, il y a fort à parier que la Fact Avalanche rallie de nombreuses personnes à sa cause au fil du temps.

Et vous, allez-vous vous laisser tenter et sauter le pas pour rejoindre la Fact Avalanche ? Si vous n’avez pas encore de compte Twitter, comme le dit très bien POW, agir en faveur de la planète sera peut-être un élément déclencheur à sa création !

(1) Protectourwinters.fr
(2) Campaign.co.uk
(3) factavalanche.protectourwinters.ca