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L’impact du digital dans l’industrie de la culture


Le processus de digitalisation est un réel chamboulement pour l’industrie de la culture, autant sur le plan de la réalisation que sur celui de l’expérientiel. Cette ère du numérique s’est installée avec l’évolution des générations X et Y, lorsque l’arrivée d’internet et du téléphone mobile sont devenus des indispensables au divertissement et à l’éducation. Ces ovnis devenus objets du quotidien ont très nettement bouleversé les moyens de communiquer, de s’informer et de vivre.

Par Julia F.
Temps de lecture : 3 min.

Une mutation nécessaire pour s’inscrire dans son temps

Vivre au XXIe siècle c’est être ultra connecté et bien-sûr cela modifie la façon de consommer. Pour s’aligner sur ce nouvel écosystème digital, beaucoup d’entreprises ont choisi de faire évoluer leur proposition. L’industrie de la culture a connu un gros boom à cet effet et cette évolution n’est pas passée inaperçue. Cette révolution culturelle à l’ère du numérique propose du contenu disponible à la demande et accessible en tout temps avec une offre très large qui permet de s’accorder sur tous les budgets. Certains voient ce changement comme un danger, d’autres comme une merveille. Quoi qu’il en soit, ces mutations sont tirées par les décisions politiques puisqu’en 2016, la Recommandation du Conseil de l’Europe, dont l’objectif est de défendre les droits fondamentaux et la démocratie depuis 1949, décide de trancher sur le sujet de la modernisation des institutions culturelles. Il y est demandé que les consommateurs soient désormais considérés comme « autonomes » et donc aptes à rester hermétiques à l’appel du numérique et à ses dangers.

Des risques mais aussi des craintes face à cette mutation

L’innovation technologique dissuade certains pour différentes raisons, non sans fondement. Tout d’abord, comme lors de tout chamboulement sans précédent, la peur de l’inconnu freine les moins courageux (ou les moins jeunes).
Mais ces craintes peuvent être également motivées par l’appréhension de la perte d’emplois et par le remplacement de postes pour des systèmes automatisés. C’est un propos lié à la crainte de ne pas réussir à s’adapter à cette mutation soudaine.
Enfin, pour certains c’est la peur de perte de valeur et d’identité culturelle qui effraie. Si tout est accessible à tout le monde aisément, la standardisation et la culture de masse peuvent être à craindre. C’est un cri de nostalgie de l’ancien temps où la culture était synonyme d’identité et de revendication pour les sociétés, c’était un moyen d’échange et de partage. La culture était le noyau dur de la communication par un canal unique et authentique. Aujourd’hui, les choses vont très vite et peuvent être partagées à l’autre bout du monde instantanément. C’est ce qui offre un accès culturel diversifié et qui permet même de choisir à quoi s’identifier. Avant l’ère du digital ce n’était pas un choix possible. L’accès digitalisé à la culture permet de se créer une identité, de se façonner.
Pour autant, dans la réalité des choses cette révolution digitale n’est pas si compromettante pour l’industrie culturelle, qui connaît un essor sans précédent depuis son évolution.

Une opportunité pour démocratiser l’accès à la culture

En 2018, la Recommandation du Conseil de l’Europe porte un regard rafraîchissant sur la démocratisation de l’accès à l’art par la voie digitale. Elle permettra assurément de promouvoir la créativité chez les citoyens de façon plus libre et moins inégale, mais elle permettra également de mettre en lumière de nouveaux talents. Les success stories (1) sont nombreuses et souvent accessibles via les réseaux sociaux aujourd’hui. Le numérique permet de transporter de l’information très rapidement et d’avoir une visibilité maximale, chose que ne pouvait pas atteindre l’industrie de la culture auparavant. Les réseaux sociaux constituent actuellement l’un des canaux de partage avec le plus de visibilité et il n’est pas rare d’y voir de nouveaux talents émerger de façon soudaine grâce à l’audience qu’ils ont pu avoir via ces plateformes alors qu’ils auraient eu du mal à créer tant d’engouement sans cet accès dématérialisé. Tout cela se fait très facilement, à l’aide d’un simple bouton on peut partager à sa communauté des vidéos, des photos ou des messages : aujourd’hui grâce aux réseaux sociaux, tout le monde a une voix qui compte.
Néanmoins, cela ne veut pas dire du « tout gratuit » et donc perte de dynamique pour l’industrie de la culture, bien au contraire. C’est ce que Google a voulu prouver avec l’étude commandé à PwC The Digital Future of Creative Europe en 2015 puisqu’ils arrivent à démontrer que le numérique et l’innovation technologique sont vecteurs de croissance dans l’industrie culturelle et que le grand public reste disposé à payer pour accéder à du contenu culturel. Ce qui permet de transformer davantage de prospects grâce aux nouvelles technologies, ce n’est pas la gratuité mais c’est le moyen d’accès qui convainc. La voie digitale a été un levier de croissance très important dans l’industrie de la culture et ceci peut être souligné par la stagnation voire la diminution de l’impact des projets qui n’ont pas évolué en ce sens. La transformation digitale à d’ailleurs permis la création d’une plus grande pluralité de divertissements culturels : films, jeux vidéos, blogs, plateformes de streaming, etc. Les canaux de diffusion de la culture moderne sont variés et prêts à s’adapter avec flexibilité à toutes les tendances. C’est cette modularité qui plaît et permet de susciter l’intérêt du plus grand nombre. Même l’expérience en musée évolue et il n’est pas rare que les expositions mêlant art et innovation technologique soient de francs succès comme peut l’illustrer la création de l’Atelier des Lumières en 2018.

Le devoir de la culture

L’accès à la culture constitue bien plus qu’un droit ou un divertissement, elle est le socle fédérateur d’un pays, elle permet l’identité et forge l’histoire. L’accès libéré à la culture permet d’abaisser les barrières politiques et idéologiques puisqu’elle offre un moyen de renforcer la démocratie. Cette libéralisation de la culture par la voie digitale ne doit pas représenter un crainte puisqu’en réalité, elle permet de créer un lien identitaire indéfectible.
Au-delà de son devoir, l’Art est aussi moteur d’innovation technologique puisqu’il implique la création comme l’a dit le designer Anthony Dunne en 2007 dans Nourriture à penser, c’est un processus qui permet non « seulement d’imaginer les choses que nous désirons, mais de penser les indésirables ». La dynamique de la culture est maîtresse de l’imaginaire et donc du façonnement du monde de demain.

Finalement, la transformation digitale ne serait-elle pas une mutation culturelle ?

(1) Success stories : récits de réussites